Sandrine Buzenet - Psychopraticienne
Accompagnement thérapeutique
Constellations Familiales
Ennéagramme
​
Traduction de l'espagnol d’une interview de Claudio Naranjo faite par un de ses élèves en 2002
Qu’est-ce qu’est l’Ennéagramme ?
Un outil de connaissance de soi, le plus complet.
​
En quoi cela consiste-t-il ?
C’est une représentation des neuf passions qui définissent ta personnalité ; elle t’aide à les connaître et ainsi à identifier laquelle est dominante chez toi.
​
Quelles sont ces 9 passions ?
Colère, orgueil, vanité, envie, avarice, lâcheté, gourmandise, luxure et paresse.
​
On dirait les péchés capitaux
Les grecs avaient déjà listé presque toutes ces passions que le christianisme a ensuite appelé péchés et qui représentent également les neufs ennéatypes de l’Ennéagramme.
​
Et donc, une de ces passions est dominante chez moi ?
Il y en a toujours une qui domine les autres ; identifie quelle est la tienne et tu pourras ainsi travailler sur toi pour l’équilibrer avec les autres.
​
Dans quel but ?
Pour ne plus agir de manière réactive, automatique, comme une machine : face à chaque situation tu seras capable d’agir en conscience.
​
Quelle est votre passion dominante ?
L’avarice.
​
Ah oui ?
J’ai toujours eu peur de ne plus rien avoir. Comme je craignais que mes ressources personnelles soient insuffisantes, il m’a été difficile d’avoir confiance en mes capacités, j’ai douté de moi… Et de ce fait je suis resté au bord de la vie, sans y entrer pleinement.
​
Vous n’avez pas pu dominer cette avarice ?
Aujourd’hui oui, mais cela a été difficile. Churchill disait : " L’homme se heurte à la vérité… mais il se relève et continue son chemin".
​
D’où vient l’Ennéagramme ?
D’un ésotérisme chrétien d’Asie Centrale qu’une espèce de Socrates russe du début du XXème siècle, Gurdjieff, a fait connaître en Europe. Puis Óscar Ichazo, qui l’avait de lui, me le transmit dans le désert d’Arica.
​
Qu’est-ce qui vous a amené dans ce désert ?
C’était en 1970 et je passais par le pire moment de ma vie… J’ai fait une retraite de six mois.
​
Que c’était-il passé ?
Ma deuxième épouse avait eu un accident de voiture et mon fils de onze ans était mort.
​
Cela a dû être très difficile à surmonter…
J’avais alors 37 ans ; je m’allongeais sur son petit lit et je pleurais pendant des heures. Un jour j’ai compris que la cause de ces pleurs était tout l’amour que je n’avais pas pu lui donner. J’ai senti sa présence et j’ai cessé de pleurer.
​
Et qu’avez-vous appris dans le désert ?
J’étais alors médecin et psychiatre. J’ai compris que la médecine pharmacologique traitait les symptômes mais pas la racine du problème. Je l’ai donc laissé et j’ai exercé en tant que psychothérapeute.
​
C’est très mal qu’une passion vous domine ?
Le problème c’est que dans ce cas ta vie est étroite, automatique, tu dilapides de l’énergie alors que tu pourrais vivre plus pleinement.
​
Quel automatisme vous a mené à être médecin ?
À six ans j’ai vu la pleine lune et j’ai demandé à ma mère ce que c’était. Elle m’a répondu que c’était un corps céleste, comme l’étaient les étoiles, les planètes… et elle m’a parlé de la gravité… et j’ai ressenti un plaisir intense face à cet éclair de connaissance… J’ai ensuite désirer revivre cette félicité et cela m’a amené à la science.
​
Mais vous avez ensuite laissé la science.
Oui, quand j’ai senti que la philosophie et la psychologie apportaient plus de réponse à la douleur et au malheur.
​
Quel a été le moment le plus heureux de votre vie ?
À 20 ans j’ai eu une relation érotique avec une femme de 40 ans et j’en ai ressenti une telle joie… Le monde était beau ! J’ai senti la joie normale de vivre et c’est alors que j’ai pris conscience que jusqu’alors je n’avais pas été vivant.
​
Êtes-vous arrivé à vous connaître parfaitement vous-même ?
Si tu enlèves les différentes couches d’un oignon, tu t’aperçois qu’au centre il n’y a pas de graine, il n’y a rien !
​
Qu’est-ce que cela veut dire ?
Que la seule chose qui existe sont les autres. Avant je m’enfermais dans ma tour d’ivoire mais maintenant je vois les problèmes du monde…
​
Et quels sont-ils ?
Ils proviennent tous d’une profonde structure patriarcale et ils disparaitraient tous si nous éduquions les enfants d’une autre manière.
​
Comment précisément ?
En unissant l’intellect, le corps, les émotions et l’esprit pour être plus aimants, plus libres, en un mot, plus sages. Mais pour cela il faut impérativement éduquer d’abord les éducateurs.
​
Nous n’avons pas une éducation aimante ?
Elle est trop intellectuelle, institutionnelle, individualiste, patriarcale et peu humaniste. Notre société continue d’être machiste et déprédatrice. Cicéron le disait déjà : "Tous les sénateurs sont sages… mais le Sénat est idiot".
​
Quelle est la solution ?
Réunir l’intellect, l’amour et l’instinct, nos trois cerveaux. Embrasser vraiment les trois ; aujourd’hui l’intellect a éclipsé l’amour et a diabolisé l’instinct.
​
Dois-je me laisser guider par mon instinct ?
S’il t’emporte tu n’es pas libre ; il s’agit de t’allier avec ton instinct.
​
Quelle est la passion qui domine aujourd’hui le monde ?
La vanité. Elle s’exprime par la convoitise du succès économique, de la suprématie technologique, de la confusion entre valeur et prix…
​
Vers où se dirige le monde ?
Il y a beaucoup d’appelés… mais beaucoup aussi sont sourds. Il y a une véritable impulsion vers la transformation mais il faut pour cela allumer la lumière et voir dans ta propre obscurité.
​
Et si je réussis à l’allumer, qu’est-ce que je verrai ?
Tu sauras que tout est pulsion, que tout bat… Si tu cherches le moi tu finiras par trouver l’absence de moi : ce qui transforme est de sentir le soi. Si cela arrive, tu auras des jours meilleurs et d’autres pires… mais tu te souviendras de la saveur du soi.
​
Un dernier conseil ?
Cherche le royaume du cœur et le reste te sera donné de surcroît.